séparation des pouvoirs à l’île Maurice

Catherine Boudet : « Tout ce cinéma autour des affaires de corruption alléguée est une insulte à la démocratie »

Le Parlement Populaire a été récemment introduit à Maurice. Membre très active de cette structure, et cheville ouvrière de nombreux chantiers, Catherine Boudet explique l’importance de la délibération démocratique pour l’épanouissement du citoyen mauricien. Dans ce sillage, elle aborde les faiblesses de notre démocratie et considère les éléments qui fragilisent notre système politique, et par ricochet, la République de Maurice

Propos recueillis par Madhu Ramlallah
 
Mauritius Times : Le Parlement Populaire s’est engagé dans des débats-discussions, depuis plusieurs mois déjà, sur un certain nombre de sujets affectant notre société. D’ailleurs, la prochaine séance s’articulera autour d’un débat sur le problème de la corruption à Maurice. Il y a déjà d’autres forums ou plates-formes de discussions qui s’expriment également sur de tels sujets. Qu’anticipez-vous en termes de résultats concrets de toutes ces discussions ?

Catherine Boudet : Avant tout, il convient de préciser que ce ne sont pas des « discussions ». Le Parlement Populaire, comme son nom l’indique, fonctionne suivant la méthodologie de la démocratie délibérative. Les plates-formes de la société civile font du whistle-blowing, pour défendre des causes, sur le mode de la contestation. Cela se fait déjà très bien, mais ce n’est pas suffisant. Il n’y avait donc pas nécessité de dupliquer ces méthodes. La démocratie délibérative, telle qu’elle est apportée par le Parlement Populaire, est inédite à Maurice.

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