communalisme

Ecrire en situation mauricienne (3) : Déjouer l’interculturel stérilisant

Le « communalisme » mauricien, cloisonnement entre communautés ethniques en compétition, est souvent décrié pour ses  effets clivants et stérilisants, y compris sur la littérature, éclatée en « autant de territoires de pouvoirs en partage » (Magdelaine, 2004 : 142). Mais contre toute attente, le communalisme ne serait-il pas aussi un mode de pensée spécifiquement mauricien, producteur de formes de créativité permettant la négociation entre ces territoires en partage ? (suite…)

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« Mini-bill constitutionnel » : La dépossession du capital politique des Mauriciens

Enlever d’une main aux Mauriciens ce qu’on leur a donné de l’autre. Voilà comment on pourrait résumer la proposition d’amendement constitutionnel qui doit être soumis au vote parlementaire ce vendredi 4 juillet 2014. Le « Constitution (Declaration of Community) Temporary Provisions Bill », ou plus populairement « mini-bill », présente ceci d’intéressant : en proposant de rendre optionnelle la déclaration d’appartenance ethnique, il est supposé marquer un changement important dans la conception de la citoyenneté. (suite…)

Kozkoze, réforme, prorogation : ce qui se joue derrière le rideau de la « consociation »

Kozkoze, réforme, prorogation : ce qui se joue derrière le rideau de la « consociation »

Il y a des petites phrases assassines, comme ça, qui passent inaperçues. Dans le concert des commentaires sur la réforme électorale et maintenant sur la prorogation du Parlement (censée servir à la préparer) il y a un point essentiel qui est passé à la trappe. Et pourtant, il conditionne beaucoup de choses…

De même que l’on dit avec Montesquieu qu’il y a « les lois et l’esprit des lois », il y a la réforme électorale et l’esprit de la réforme électorale. Parce que le White Paper du 24 mars 2014 proposait d’éliminer la classification communale officielle du système électoral, il est devenu politiquement correct de fermer les yeux sur les aspects nettement moins démocratiques de la proposition (comme par exemple le fait de ne pas vouloir redécouper les circonscriptions, ou encore le fait que la fameuse liste proportionnelle ne sera pas soumise au scrutin…)

Et ensuite, on va crier à l’assassinat de la démocratie à l’annonce de la prorogation du Parlement ou des kozkoze d’alliance entre leaders politiques. Encore faudrait-il que l’on sache de quelle démocratie il s’agit ? De quoi parle-t-on exactement ?

La petite phrase du White Paper passée inaperçue, donc, nous dit : « The proposed electoral system may indeed assist in reflecting the plurality and diversity of the Mauritian nation in the legislature. As Dr Sithanen said, the one difference will be that, instead of these seats being constitutionally entrenched, it will now form part of a social compact, a consociational arrangement where the responsibility rests with political parties especially their leaders ».

Mais qu’est-ce qu’un « consociational arrangement » ? Les « consociations » sont des systèmes politiques qui ont pour principale caractéristique de reposer sur des ententes entre les élites politiques. Arend Lijphart, le père de la théorie consociative, définit les démocraties consociatives comme des arrangements politiques de règlement ou d’évitement des conflits, mis en place dans des sociétés où les différences culturelles ou ethniques risquent de conduire à des violences. La particularité de ces arrangements politiques tient au fait que, d’une part, les élites politiques sont supposées représenter les différents groupes ethniques en présence ; et que d’autre part, ces mêmes élites négocient, au nom des groupes qu’elles représentent, des solutions de compromis. La démocratie consociative privilégie donc le partage du pouvoir (power sharing) plutôt que la compétition politique.

A Maurice, ce système a été mis en place par les Britanniques pendant le processus de décolonisation (1947-1967). Il s’agissait alors surtout de rassurer toutes les composantes ethniques qu’elles auraient leur place dans la nation indépendante. La consociation mauricienne s’exprime formellement (mais symboliquement) au niveau du législatif notamment par le biais du Best Loser System, mécanisme électoral correctif qui garantit une représentation à tous les groupes ethniques au sein du Parlement. La consociation s’exprime aussi de façon informelle et plus profonde dans l’exécutif et dans les autres rouages de l’Etat, par des règles tacites présidant à la répartition des hautes positions entre des élites censées représenter les différentes communautés, mais en vertu de mécanismes qui échappent à la volonté populaire et qui d’ailleurs ne favorisent pas nécessairement un équilibre ethnique.

La deuxième caractéristique de la consociation, c’est qu’elle donne lieu à un jeu politique qui se joue dans deux arènes à la fois : la compétition dans l’arène électorale et la coopération entre élites politiques au sommet de l’Etat. Ces deux jeux sont antagonistes : dans l’arène électorale, les leaders doivent convaincre leur électorat ethnique qu’ils sont en compétition avec les autres leaders politiques. Pour cela, ils n’hésiteront pas à recourir à des campagnes de dénigrement contre leurs adversaires politiques, et à des slogans ethniques pour rallier leur communauté. Mais au sommet, ces mêmes leaders favoriseront des solutions d’entente et de compromis avec ces mêmes adversaires qu’ils auront dénigré en public.

Alors, une condition est nécessaire pour que les élites politiques puissent mener ces deux jeux simultanément : c’est le principe du secret. Cela donne aux leaders une latitude maximale pour négocier derrière le rideau des accords qui risqueraient autrement d’alimenter des mécontentements chez leurs électeurs. Le principe du secret est donc un outil consociatif qui minimise les risques de contestation populaire. Un célèbre exemple de cette pratique fut celui des négociations secrètes qui ont entouré l’excision des Chagos au moment des négociations pour l’indépendance. « C’est derrière notre dos, derrière le dos de l’électorat, très loin de l’influence nécessaire que pourrait et devrait exercer la population (c’est-à-dire l’électorat) que la plupart de nos dirigeants entendent désormais mener le pays vers un avenir constitutionnel », s’insurgeait déjà André Masson dans Le Mauricien du 8 juin 1965.

Autre outil consociatif visant à protéger la diplomatie au sommet, ce sont les mesures prises pour relever les gouvernements de leur obligation d’« accountability » vis-à-vis de la population, que ce soit avec les prorogations du Parlement ou le report des élections (comme ce fut le cas avec les premières élections générales de la nation indépendante, prévues en 1972 mais reportées à 1976).

A la lueur de ces éléments, on voit bien que les récentes actualités politiques qui ont scandalisé l’opinion publique, telles que les kozkoze entre Premier ministre et Leader de l’Opposition sur la réforme électorale, les tractations pour une alliance PTr-MMM et enfin la récente annonce de la prorogation du Parlement, relèvent de logiques consociatives.

Il faut donc bien comprendre que les propositions du White Paper, si elles sont répercutées dans le projet de loi à venir, n’augureront d’aucun changement, ni d’esprit ni de forme, concernant ce qui a été considéré comme des dérives démocratiques dans l’actualité récente, mais qui, encore une fois, sont tout bonnement des pratiques consociatives de power sharing.

Au passage, il faut noter que le White Paper ne propose pas d’éliminer le Best Loser System, mais de le « subsume » dans la Proportionnelle, autrement dit remplacer le mécanisme officiel de classification communale par un « arrangement consociatif » informel reposant dans la main des leaders (la fameuse représentation proportionnelle). Ce qui en plus ne garantit pas, loin de là, la suppression des logiques communalistes en vigueur dans les autres sphères de l’Etat…

Le White Paper vient nous signifier que les mécanismes consociatifs seront bel et bien renforcés dans un éventuel projet de loi sur la réforme électorale. Il serait peut-être temps de s’en inquiéter, lorsque l’on voit que, poussées à leur paroxysme, ces pratiques consociatives dont on a usé et abusé commencent à prendre un tour caricatural…

Catherine Boudet

Retrouvez l’article dans Le Mauricien

Retrouvez la réaction d’Ismaël Nazir « Consociation – l’effroyable trahison » dans Le Mauricien

Discours «noubanistes» : pourquoi on ne peut les éviter

Périodiquement, comme récemment encore avec l’«affaire Choonee», des propos de nature ethnique refont surface et créent la polémique. Pourtant, on a beau les condamner, ils sont inévitables dans le système actuel.

Une nouvelle fois, un discours politicien enflammait le débat public en étant suspecté de sectaire et de dangereux pour l’unité nationale. C’était lors d’une de ces fonctions dominicales d’associations socioculturelles, dont sont friands les hommes politiques mauriciens. Des propos tenus le 29 août dernier, par le ministre Mookhesswar Choonee à l’occasion du 5e anniversaire du Vaish Welfare Movement à d’Epinay, qui furent qualifiés par certains de «sectaires», de «litigieux», de «dérapage», d’«impair», etc., défendus par d’autres, avant que le Premier ministre ne tranche en statuant que l’unité nationale était sauve.

Ces paroles du ministre Choonee reprenaient deux thèmes très courants dans le discours politique mauricien : le thème de la représentativité communautaire des dirigeants politiques («(…) il est avant tout notre Premier ministre. Puis le Premier ministre du pays. Puis celui du monde»). Et celui du droit des communautés dans le partage du pouvoir («(…)Pourquoi pensez-vous que votre droit est inférieur à celui des autres ? Non ! Dans ce pays, vous avez tous les droits. Les autres personnes aussi ont des droits. Mais vous en avez davantage (…)»). Rien de nouveau sous le soleil donc.

Ces arguments ne sont que les derniers en date d’une longue série. De l’affaire Ram Mardemootoo, l’an dernier, concernant l’allégation qu’une certaine minorité aurait été défavorisée dans l’accès aux postes de fonctionnaires, aux propos d’Harish Boodhoo, en 1983, selon lesquels «zako bizin protez so montagne», en passant par les revendications de la Fédération des créoles mauriciens (FCM) en 2008 en faveur de 35% d’emplois dans la fonction publique pour les Créoles. A la différence près, toutefois, que les paroles de Mukesswar Choonee s’adressaient à un groupe réputé n’être pas spécialement désavantagé dans la répartition du pouvoir.

Débattre de la légitimité de ces propos, de leur bonne ou mauvaise traduction, n’est pas très utile au final. (On peut d’ailleurs remarquer à cet égard que c’est toujours le discours d’autrui qui est taxé de «communaliste»). La véritable question qui se pose, c’est de savoir s’il est réellement possible d’éviter les discours «noubanistes» dans le contexte politique mauricien.

Dans une interview accordée à l’express du 7 septembre dernier, l’avocat Michel Ahnee spécifiait que, constitutionnellement, il faut distinguer clairement entre, d’une part, les logiques ethnico-politiques entraînées par le best loser system (BLS), relevant du First Schedule de la Constitution, et, d’autre part, les propos sectaires ou discriminatoires, contrevenant à la section II de la Constitution (qui garantit la protection des individus contre les discriminations).

Un idéal de l’équité

Mais, dans la pratique, les arguments faisant référence aux droits des communautés et à la légitimité ethnique des mandants font partie intégrante du fonctionnement de l’ethnopolitique mauricienne reposant sur le principe du BLS. Ils ont, surtout dans le cadre des campagnes, une fonction électorale bien précise, qui est d’encourager le vote ethnique, c’est-à-dire le vote pour le candidat de la communauté censé représenter le plus justement possible les intérêts de celle-ci. Hors campagne, le discours «noubaniste» aura pour vocation de rassurer la communauté quant à l’efficacité de son vote et, surtout, à la rétribution de celui-ci.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la montée de la surenchère des discours ethniques est concomitante avec la mise en place du BLS pendant la décolonisation (good loser system en 1958, affiné sous forme de best loser system pour les élections de 1967). Car alors, les communautés s’imposant comme des réservoirs de clientèle pour les partis, les arguments ethnico-religieux sont devenus essentiels dans les stratégies de ralliement de l’électorat.

L’instauration du BLS suscite aussi la vigilance quant au respect d’une équité entre les communautés. En effet, il installe dans le législatif un système de proportionnalité ethnique, en donnant l’assurance aux minorités que leurs intérêts seront préservés par la participation des représentants de tous les groupes ethniques au Parlement.

En théorie, la proportionnalité comporte deux volets, ainsi que l’avait démontré la politologue américaine Susan Halpern : d’une part, un mode d’allocation des ressources publiques sur la base de la taille des groupes ; d’autre part, une fonction législative en vertu de laquelle chaque communauté doit être représentée proportionnellement.

Or, la particularité de la proportionnalité à la mauricienne est de n’être déclarée officiellement que pour le législatif, par le biais du BLS. Mais elle s’étend de façon tacite à l’exécutif et à la fonction publique.

Dans le gouvernement et dans l’administration aussi ont lieu des stratégies ethniques de partage, mais de façon officieuse. Et c’est bien là le noeud du problème.

La règle de proportionnalité entraîne donc un idéal de représentation équitable entre communautés, alors que cette équité n’est réellement garantie officiellement que dans le législatif. Et même là, elle n’est pas infaillible. Il est symptomatique de voir émerger des dénonciations d’une sous-représentation ou d’une surreprésentation communautaire dès 1959.

Aux législatives de 1959, Le Mauricien du 13 mars de cette année dénonce la surreprésentation de la communauté hindoue suite à la répartition des sièges correctifs. A la suite des élections de 1963, c’est cette fois le Mauritius Times du 31 octobre 1963 qui proteste contre une sous-représentation des Hindous dans la répartition des sièges de députés. Le Congress du 17 mars 1965 pointe, lui, du doigt une surreprésentation des Créoles dans le gouvernement et revendique que 52% des postes dans le service civil, le judiciaire, la poste, la police et l’Assemblée législative, soient réservés aux Hindous. Tous ces discours apparaissent donc comme des «mises en forme ethno-religieuse de revendications égalitaristes», pour reprendre les termes du politologue martiniquais Fred Constant.

De sorte que discours et pratiques ne sont que les facettes d’une seule et même pièce. Comme je l’écrivais dans l’express à propos des revendications de la FCM, ces discours «noubanistes» ne constituent pas tant des dérives, qu’une logique constitutive du système politique mauricien («La mobilisation politique de la FCM et ses implications pour le modèle national mauricien», l’express du 24 mai 2008).

Pourtant, les stratégies d’ordre ethnique sont rendues nécessaires par le BLS, tandis que les propos qui véhiculent ces stratégies sont considérés comme non-politiquement corrects. C’est bien là tout le paradoxe du système.

Catherine BOUDET
Impact n°28 du 17 septembre 2010

Retrouvez l’article dans Pages mauriciennes. Chroniques journalistiques de l’île Maurice, Edilivre, 2013.

Plaidoyer pour un déverrouillage de la culture politique à Maurice : en finir avec l’idéal du « gâteau »

Plaidoyer pour un déverrouillage de la culture politique à Maurice :  en finir avec l’idéal du « gâteau »

La culture politique désigne l’ensemble des valeurs et croyances que les citoyens ont à l’égard du politique (Verba). Comment définir la culture politique à Maurice (quelle attitude vis-à-vis du leadership politique) ?

Le système politique mauricien verrouille une culture politique de nature oligarchique : la culture politique est définie, imposée d’« en haut », elle se traduit par des attitudes déférentes de la population envers le politique, par un culte du leader et une culture du tabou (peur de formuler des critiques envers le système).

 Pourtant, en situation de démocratie, les partis politiques et les élites politiques doivent véhiculer vers l’espace politique les demandes en provenance de la société, des citoyens, pour un règlement de ces problèmes. Mais le système électoral mauricien verrouille la formation d’une élite politique non représentative de la masse, fonctionnant sur un principe oligarchique. Ces dynasties politiques imposent finalement à la masse les débats sociaux tandis que l’inverse est peu vrai, exemple du débat sur l’avortement.

Diffusée de l’espace politique vers l’électorat par le biais du système électoral, cette culture politique consociative donne lieu à des idées reçues selon lesquelles le communalisme et la représentation des idées en politique sont un mal nécessaire (alors même que le best loser est plus symbolique qu’autre chose en termes de représentation des communautés), une déférence à l’égard des leaders.

En outre, cette culture politique reproduit dans la société l’« idéal du gâteau » qui régit le système politique en fonction du Best Loser System (répartition des ressources de l’Etat en termes ethniques suivant la règle du zero-sum game). D’où une conception du communalisme comme un mal nécessaire, comme une fatalité.

 Pourtant les valeurs de cette culture politique sont de plus en plus en décalage avec les réalités mauriciennes qui vont dans le sens d’un décloisonnement ethnique de la société et de l’économie. Elle contribue à figer et à enkyster des réflexes communalistes dans les pratiques alors que parallèlement, l’évolution de la société va dans le sens du décloisonnement (relations professionnelles, mariages mixtes). Le scrutin électoral majoritaire empêche l’émergence de partis politiques alternatifs qui seraient porteurs de programmes ou d’idées nouvelles en provenance de l’espace social. Les résistances envers une réforme électorale proviennent précisément de la peur d’ouvrir l’élite politique et son mode de recrutement qui pour le moment est largement ethnique.

 Une loi comme l’Equal Opportunity Act est une piste pour changer cet état de choses, mais à condition qu’elle s’applique au système politique, or ce n’est pas le cas. Elle entrerait alors en antagonisme avec le Best Loser System.

 Le problème c’est que la culture politique mauricienne est tellement imprégnée du modèle du « gâteau », que même les propositions de changement se formulent sur le même mode : on met davantage l’accent sur la représentation de la diversité dans le politique (hantise de la représentation des groupes d’appartenance), que sur la représentation des idées. Ce partage du gâteau que l’on faisait en termes de groupes ethniques, on cherche alors à le décliner sur d’autres registres : représenter équitablement les femmes, les handicapés, etc. au lieu de mettre l’emphase sur la nécessité d’un système plus inclusif traduisant les enjeux sociaux vers l’espace politique.

 Nécessité de déverrouiller cette culture politique : par la réforme électorale avant tout. Notamment par l’abolition du BLS, pour permettre une traduction plus « naturelle » des enjeux sociaux vers l’espace politique. (ex. : on ne peut pas légiférer pour une interdiction du communalisme discursif si on n’abolit pas le communalisme dans ses faits, comme le BLS).

 La mise en place d’une nouvelle culture politique ne peut pas se faire non plus sans les mécanismes institutionnels et légaux pour permettre l’émergence de groupes de convictions (rassemblés autour d’idées communes) au lieu de groupes d’appartenance (sempiternels gender, ethnic group, religion, etc.).

 Il y a nécessité pour cela d’introduire une véritable politique multiculturaliste (c’est-à-dire qui défendrait non pas les communautés en tant que telles, mais les individus quelle que soit leur communauté ou identité) en appliquant l’EOA dans le domaine de l’Etat et du service public. Car le BLS ne garantit aucunement les droits des individus, ni la protection des groupes minoritaires, il ne garantit que le power sharing entre élites politiques issues ou se réclamant des différents groupes, c’est différent. Au contraire de ce fait, il retarde l’avènement de la démocratie. Voire plus, la reconnaissance des droits des groupes dans la société ne nécessite pas un BLS. Elle requiert seulement que les droits culturels des groupes ne soient pas enfreints.

 En conclusion, une nouvelle culture politique est requise non pas pour « construire la nation » mais pour construire l’unité des citoyens au sein de la nation, c’est différent.

 Catherine Boudet

Présenté lors de la conférence organisée par l’Institute for Social Peace and Development (ISDP) “Striving for a new Political Culture” en 2009 à l’Université de Maurice.

Noubanisme : à propos des « nou/zot »

Face à la portée polémique d’arguments de type « nou/zot » qui ont marqué l’actualité de ces dernières semaines à Maurice, la question qui se pose n’est peut-être pas de savoir si ce type de discours sont justifiés ou pas, s’ils sont rationnels ou pas.

Peu importe également de savoir si les individus porteurs de ces arguments « pensent ce qu’ils disent », s’ils sont de « véritables racistes » ou pas. Le fond du problème ne se situe pas là. Le fond du problème est sans doute davantage de comprendre ce qui favorise la récurrence des discours communalistes ou « noubanistes ») dans les fonctions politiques. Ces discours s’inscrivent dans un cadre précis, et tirent tout leur sens et toute leur force émotionnelle de ce cadre. Quel est-il ? (…)

Retrouvez la suite de l’article dans : Pages mauriciennes. Chroniques journalistiques de l’île Maurice, Edilivre, 2013.