Interviews

Interviews des acteurs de la scène politique et de la société civile mauricienne

Catherine Boudet, Docteur en Science politique : « C’est un combat des chefs qui polarise la campagne électorale »

La participation des femmes aux prochaines législatives ne constitue pas une grande progression par rapport aux législatives de 2004. C’est l’avis de Catherine Boudet qui fait une analyse de l’actuelle campagne électorale.

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Catherine Boudet : « La tendance social-démocrate de Pravind Jugnauth pour réduire les inégalités et améliorer la qualité de vie est une avancée »

Catherine Boudet, politologue française, vit à Maurice depuis plusieurs années. Détentrice d’un Doctorat en Sciences Politiques et d’un Masters en Sciences Politiques Comparatives de l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux-France, elle décrit la démocratie mauricienne hors des cadres classiques de la politique. Le système social et politique mauricien est complexe et divers, incluant toutes les composantes requises pour une démocratie digne de ce nom ; les classe sociales, les castes, les clans, les races et les éthnies en font toute sa richesse. Tous les mauriciens dit-elle, sont dotés d’une intelligence remarquable, et sont des « politiciens » capables de débattre intelligemment sur le sujet. En effet, peu importe leur occupation, chauffeurs de taxis, maraîchers, travailleurs manuels, cadres, tous sans le savoir, sont de fins observateurs et analystes, pour ne pas dire de fins ‘politologues’. Pour en savoir plus, voici les propos recueillis.

Propos recueillis par Cécile Lebon

Vous êtes rompue aux multiples péripéties de la vie à Maurice.  Quel regard avez-vous de la politique ici ?
Catherine Boudet : Effectivement, cela fait plus de 20 ans que je travaille sur la démocratie mauricienne en tant que chercheur en Science Politique. Pour moi, c’était vraiment un challenge car Maurice est vraiment un cas à part en Science politique. La vie politique mauricienne est passionnante car toujours pleine de rebondissements.

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Catherine Boudet : « Le pouvoir politique est confisqué par des cliques qui alternent au gouvernement selon une logique oligarchique »

Dans le sillage des prochaines élections générales, nous avons invité Catherine Boudet, titulaire d’un doctorat en Science Politique, à nous éclairer sur le système politique mauricien, sachant que provision est faite dans le First Schedule [section 31(2)] de la Constitution de Maurice pour l’enregistrement des partis politiques en vue de leur participation aux élections. Existant sous la forme d’une association, et à condition de respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, un parti politique est autorisé à contracter une alliance avec un ou plusieurs autres partis politiques, et être enregistré comme un seul parti. Notre invitée analyse aussi la manière dont le Budget Speech est conçu depuis l’indépendance pour avoir un impact sur les citoyens.

Propos recueillis par Madhu Ramlallah

Mauritius Times : Ce qui va retenir notre attention dans les jours à venir, c’est la présentation du budget. La relance de l’économie, la lutte contre les inégalités pour combattre la pauvreté, l’appauvrissement de la classe moyenne – autant de défis qui attendent Pravind Jugnauth. Mais il y a aussi le contexte politique avec l’approche des élections générales. Vous vous attendez à quoi, vous ?
Catherine Boudet : Dans un Etat mauricien héritier du Welfare State, les présentations d’un budget s’efforcent généralement de combiner les impératifs macro-économiques avec quelques mesures phares de nature sociale, voire clientéliste. C’est encore vrai dans le dernier budget avec l’introduction d’un cadeau fiscal (la ‘Negative Income Tax’).

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Catherine Boudet : « Ameenah Gurib-Fakim n’a plus grand-chose à perdre… »

Une commission d’enquête regroupe un groupe d’experts dans un domaine pour étudier une question et élaborer un rapport pour le gouvernement dans un certain délai. Chaque commission d’enquête est présidée par un ou plusieurs commissaires. La tâche des experts est souvent difficile car les questions traitées sont de nature extrêmement sensible et grave. Catherine Boudet nous livre ses impressions à propos des deux commissions  mandatées par le Gouvernement de Maurice.

Propos recueillis par Madhu Ramlallah

Mauritius Times : Nous voilà avec des allégations lancées du plus haut sommet de l’Etat portant sur la véracité des affirmations publiques du Premier ministre en mars dernier quant à l’intention de l’ancienne Présidente de la République de soumettre sa démission. « Pravind Jugnauth a menti », a déclaré Mme Gurib-Fakim. Ce qui pourrait être perçu comme une querelle de bas étage a atteint le sommet de l’Etat : c’est quand même incroyable, non ? Qu’est-ce que cela nous informe à propos de la culture politique et institutionnelle de Maurice ces temps-ci ?

Catherine Boudet : Ameenah Gurib-Fakim est actuellement sur la sellette avec la commission d’enquête Caunhye. L’ironie de la chose, c’est que cette dernière a été instituée afin de statuer si la commission d’enquête, mise sur pied par l’ex-présidente de la République, était anticonstitutionnelle. La commission Caunhye prend maintenant des allures de déballage de linge sale avec les premières dépositions de l’ancienne chef d’Etat.

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Catherine Boudet : « Alvaro Sobrinho serait-il en train de se servir de Maurice comme centre de blanchiment ? »

L’affaire Sobrinho – Présidence de la République retient toujours l’attention cette semaine. L’opacité entourant l’homme d’affaires et ses liens avec les hautes sphères mauriciennes inquiète et les citoyens ordinaires n’hésitent pas à exprimer leurs ressentis négatifs à ce propos. Catherine Boudet, analyste politique et journaliste et spécialiste dans l’étude des processus de nation-building et de changement démocratique, nous livre son point de vue sur certains points saillants de cette affaire.

Propos recueillis par Madhu Ramlallah

 Mauritius Times : Quelles leçons tirez-vous de la crise au sommet de l’Etat impliquant l’ancienne Présidente de la République et le Gouvernement – plus directement le Premier ministre –, et les circonstances ayant produit le dénouement de cette crise avec la démission de Ameenah Gurib-Fakim, vendredi dernier ?
Dr Catherine Boudet : La démission d’Ameenah Gurib-Fakim du poste de Présidente de la République n’est, en aucun cas, une sortie de crise. Son départ volontaire lui a permis d’éviter un examen de la constitutionnalité de ses actes devant le Parlement et une motion de destitution déshonorante.

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Catherine Boudet : « Après la partielle ce sera intéressant de voir comment le champ politique va se restructurer »

Le gouvernement actuel a fêté ses trois ans à la tête du pays, le lundi 11 décembre 2017. Pour l’occasion, la politologue Catherine Boudet passe à la loupe le prime ministership de Pravind Jugnauth ainsi que les forces, les faiblesses et les priorités du régime en place.

Propos recueillis par Christophe Karghoo

5-Plus : Le gouvernement Lepep a connu plusieurs secousses et scandales depuis le 11 décembre 2014. Quel bilan faites-vous de ces trois dernières années ?
Dr Catherine Boudet : La promesse de l’Alliance Lepep de lutter contre la fraude et la corruption est en cours de réalisation, même si on peut questionner les méthodes utilisées…

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Catherine Boudet : « La police a eu peur de l’opinion publique »

Il faut un code d’éthique pour les politiciens, les journalistes, mais aussi pour les citoyens. C’est ce que soutient la journaliste et politologue Catherine Boudet. « On ne peut pas exiger qu’un politicien se comporte d’une façon honorable si le citoyen lui-même se comporte de façon vulgaire », dit-elle, en dénonçant, par la même occasion, les différences de traitement dans plusieurs cas…

Propos recueillis par Zahirah Radha 

Q : Perquisitions aux domiciles des journalistes, défilés de ces derniers aux Casernes centrales, attaques répétitives des parlementaires du gouvernement, dont le Premier ministre lui-même, contre la presse, celle-ci est-elle plus que jamais la bête noire de ceux qui sont au pouvoir ?
R : Je dirais une bête noire bien pratique. On sait qu’il y a un rapport de forces entre la presse et le pouvoir. Mais il y a aussi, par moment, un rapport d’intérêts. Il ne faut pas oublier que le pouvoir a besoin de la presse pour véhiculer ses messages, par exemple.

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