Mauritius, « flood-proof island » ?

Hier Lola, aujourd’hui Bingiza… Mais où en sommes-nous depuis les conclusions du rapport Domah formulées après les inondations de mars 2008 ?

La conservation du patrimoine est un enjeu suffisamment important pour que le débat se poursuive et de façon constructive. Mais tandis que nous débattons, toutes les belles paroles et les belles formules à adopter pourraient bien partir à vau-l’eau… D’autant que nous sommes en pleine saison des pluies, Bingiza est passée à plus de 700 km au Nord-Est des Mascareignes le week-end dernier, n’étant alors qu’une tempête tropicale modérée, et cela a suffi de créer la panique dans le pays à cause des inondations.

Ce qui n’est pas sans rappeler ce fatidique mercredi de 26 mars 2008, qui a laissé des traces pénibles dans la mémoire collective mauricienne. Deux ans se sont écoules depuis que l’ex-Lola entraînait des inondations d’une rare intensité dans différentes parties du pays, qui, prenant les autorités et la population par surprise, ont causé 4 pertes humaines.

Les observations et recommandations du Fact Finding Commitee qui fut alors mis sur pied, présidé par le Juge Domah, sont toujours d’une remarquable actualité. Le rapport Domah, rendu le 23 mars 2009, qui n’a jamais été rendu public, mais que nous avons pu nous procurer, met le doigt sur les « lacunes systémiques » qui ont conduit au désastre. “In the absence of any specifie chapter on floods in our disaster management System, in the absence of any warning System conceived to warn people of flooding, thé warning given by the authorities could only by of an advisory nature rather than the deterrent nature considering the gravity of the situation », constate le rapport en page 15.

En d’autres termes, les mesures prises en cas d’inondation continuent de s’appuyer sur le vieux réflexe de mesurer et prendre en considération le risque venu du ciel, mais pas celui du phénomène de l’accumulation des eaux sur le sol. Le rapport dénonce le fait que l’on s’appuie de façon erronée sur un système d’alerte et de gestion des risques approprié pour les cyclones mais ne peut pas s’appliquer pour les inondations.

Les constats effectués par le rapport Domah viennent confirmer les analyses faites dans diverses sections de la presse et de la société civile, à savoir aussi que nous nous retrouvons pris au piège d’une bétonisation excessive et non planifiée. Le rapport est formel : la responsabilité à « a one-time generalized attitude of authority, citizen and developer alike who placed ferroconcrete in the fore-front of our development with little heed to the issues of human and material security » (p. 40)

Le rapport Domah préconise donc une stratégie intégrée de la gestion des risques naturels, pour remplacer l’approche adoptée jusqu’à présent qui reste uniquement « défensive and reactive ». Le rapport Domah suggère en outre de développer un partenariat avec les radios privées et avec le secteur privé pour la mise en place d’une culture et d’un schéma visant à faire de Maurice « a flood-proof island ». Pas vraiment un scoop, donc, mais il reste à faire un suivi de ces recommandations…

Impact n°50 du 28 février 2011

Retrouvez cet article dans Pages mauriciennes. Chroniques journalistiques de l’île Maurice, Edilivre, 2013.

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