Conte de Noël mauricien

C’est la belle nuit de Noël. Il est né, le divin enfant, dans une usine désaffectée d’une petite ville appelée… Dubreuil.

Un couple de squatters, du nom de Marie et Joseph, attendaient en vain d’être relogés après la démolition de leur petite case en tôle. En route vers la ville de Port-Louis, où ils se rendaient afin que Joseph puisse s’inscrire à un stage de charpentier avec la National Empowerment Fondation, Marie fut prise des douleurs de l’enfantement. Comme le couple n’avait pu obtenir un logement NHDC, Marie dut accoucher dans une usine à thé désaffectée près de la petite ville de Dubreuil. L’enfant Jésus vint au monde à minuit.

On rapporte que Joseph a sauvagement battu Marie, après l’avoir **** (censuré). Il a commis cet acte barbare après avoir reçu les sms d’un dénommé Gabriel l’informant que Marie n’était plus vierge. Craignant pour la sécurité de l’enfant, les voisins ont alerté les agents de la Child Unit, mais lorsque ces derniers se sont présentés à la porte de l’usine, ils n’ont rien noté de suspect et sont donc repartis.

Trois rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, étaient attendus à la porte de l’usine aux environs de minuit afin d’apporter au nouveau-né des présents. Mais nous avons appris que Gaspard a été retenu à une fonction ministérielle dans le Nord du pays. Melchior ne pourra se rendre à l’usine, car il doit comparaître demain matin en cour de Mapou pour détournement de mineur. Il est accusé d’avoir séquestré une jeune fille dans une chambre d’hôtel du Nord du pays. Quant à Balthazar, il a été arrêté alors qu’il sortait de l’aéroport de Plaisance par les officiers de l’ADSU, qui ont découvert dans la cassolette une cargaison de Subutex dissimulée entre la myrrhe et l’encens.

En cette belle nuit de Noël, nous fêterons malgré tout dans la joie et l’allégresse la naissance du divin enfant venu pour sauver le monde de ses péchés. Et nous pourrons nous dire que la bonne nouvelle, c’est qu’il ne connaîtra jamais le chômage…

Catherine BOUDET
Impact n°42 du 24 décembre 2010

Retrouvez la suite de cet article dans Pages mauriciennes. Chroniques journalistiques de l’île Maurice, Edilivre, 2013.

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